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Des marchés moins ouverts ?

La semaine passée a été marquée par un nouvel accès de crainte sur les marchés, la plupart des grands indices actions ayant connu une baisse de l’ordre de 2 à 3%. On peut attribuer cette baisse principalement aux déclarations de Donald Trump...

La semaine passée a été marquée par un nouvel accès de crainte sur les marchés, la plupart des grands indices actions ayant connu une baisse de l’ordre de 2 à 3%. On peut attribuer cette baisse principalement aux déclarations de Donald Trump, qui souhaite mettre en place prochainement de nouvelles taxes douanières sur les importations d’aluminium et d’acier, et mentionne même le secteur automobile. En retour, les principaux exportateurs de métaux vers les Etats-Unis, en particulier le Canada et l’Union Européenne, ont menacé de mettre en place de nouvelles taxes sur les importations américaines, par exemple sur les Harley Davidson…

Cette guerre des taxes qui se profile n’augure rien de bon pour le commerce mondial, ni pour les marchés (ni même pour l’emploi, mais cela reste sujet à débat). Contrairement à ce que prétend D. Trump, les guerres de taxes commerciales ne sont pas faciles à gagner car les pays exportateurs pénalisés sont souvent aussi importateurs de produits ou services en provenance du pays qui érige des taxes. Ou bien, dans le cas de la Chine par exemple, ils peuvent détenir d’importantes réserves d’actifs du pays protectionniste, et disposent par-là d’importants moyens de déstabilisation. A la fin, c’est le commerce mondial qui y perd, pour un bénéfice douteux dans le pays qui a déclenché les hostilités.

Si l’on ajoute à ces tensions la montée en puissance des partis nationalistes ou protectionnistes en Europe, comme on l’a vu récemment en Autriche, en Italie, en Catalogne, et surtout en Grande-Bretagne, nous obtenons une image plutôt sombre pour l’avenir de la coopération commerciale, y compris au sein des grands blocs commerciaux.

Les marchés n’intégraient pas véritablement cette évolution car ils ne voulaient vraiment croire à la mise en œuvre à grande échelle du programme de Trump. C’était une erreur: il semble désormais bien probable que son programme sera entièrement appliqué: baisses d’impôts sur les sociétés (c’est fait), renforcement des frontières (mur mexicain, limitation de l’immigration), construction d’infrastructures, protectionnisme et militarisme. Tout cela débouchant sur un climat international tendu et un déficit budgétaire accru.

La douche froide est nette, mais elle était à craindre après l’excès d’euphorie de ces derniers mois. Nous nous attendons à des mois plus volatils, ce qui pourrait nous conduire à diminuer momentanément le degré de risque engagé dans les portefeuilles.

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