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Création de la première « obligation à impact humanitaire » pour transformer le financement de l'assistance dans les pays touchés par des conflits

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a émis des «obligations à impact humanitaire» d’une valeur de plus de 26 millions de francs suisses, qui financeront trois centres de réadaptation physique en Afrique.

Ce nouveau modèle d’investissement vise à concilier la complexité croissante des conflits et crises humanitaires et la pression qui s’exerce sur les fonds existants.
Des investisseurs sociaux privés (notamment New Re du groupe Munich Re) ont apporté le capital initial nécessaire pour lancer le programme de financement axé sur les résultats, d’une durée de cinq ans.
Les bailleurs finaux (les gouvernements de la Belgique, de la Suisse, de l’Italie et du Royaume-Uni ainsi que la Fondation La Caixa) débloqueront des fonds si le projet atteint ses objectifs.
Outre son engagement actuel en tant que membre du Corporate Support Group du CICR, la banque Lombard Odier, qui co-parraine le programme, a contribué par son expertise à la mise au point puis à la concrétisation du projet.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a créé la toute première «obligation à impact humanitaire» afin de transformer la façon dont les services essentiels destinés aux personnes handicapées sont financés dans les pays touchés par des conflits.

Les fonds levés – 26 millions de francs suisses – serviront à construire et à faire fonctionner pendant cinq ans trois nouveaux centres de réadaptation physique en Afrique (au Nigéria, au Mali et en République démocratique du Congo), qui fourniront des services à des milliers de personnes. Le programme de financement axé sur les résultats couvrira aussi les coûts de formation du personnel récemment embauché, ainsi que l’expérimentation et la mise en œuvre de nouvelles mesures d’efficacité.

Ce mécanisme de financement novateur a été créé pour encourager le secteur privé à soutenir les programmes de santé du CICR par des investissements sociaux. Ce sont principalement la multiplication des conflits et l’augmentation de son budget annuel qui ont poussé le CICR à imaginer ce modèle innovant.

Sur les 90 millions de personnes physiquement handicapées qui ont besoin d’une aide à la mobilité à travers le monde, seules 10% en moyenne ont accès à des services de réadaptation physique adéquats. Celles qui en sont privées tendent à être exclues de la vie sociale et économique.

Le CICR est le principal fournisseur de services de réadaptation physique dans les pays en développement ou fragilisés. Dans le cadre de son Programme de réadaptation physique, 139 projets dans 34 pays ont été menés à bien en 2016, permettant à près de 330 000 personnes de bénéficier de soins de physiothérapie et d’aides à la mobilité comme des fauteuils roulants, des prothèses ou des orthèses.

Déclaration de Peter Maurer, président du CICR indique «Nous sommes aujourd’hui confrontés à des défis humanitaires immenses alors que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent à travers le monde. Cet instrument de financement constitue une évolution radicale, innovante mais aussi logique pour le CICR. Il nous donne l’occasion non seulement de moderniser le modèle d’action humanitaire existant, mais aussi de tester un nouveau modèle économique conçu pour mieux venir en aide aux personnes en détresse.»

«Nous espérons que le projet pilote fera ses preuves et démontrera que les modèles de financement non traditionnels peuvent fonctionner. Les investissements orientés vers l’amélioration des conditions sociales, environnementales et économiques ont un fort potentiel et pourraient donner lieu à des progrès inédits en termes d’impact, d’efficacité et de portée de l’action humanitaire.»

Modalités de fonctionnement

L’«obligation à impact humanitaire» a pour nom officiel Programme d’investissement à impact humanitaire. Il ne s’agit pas d’une obligation à proprement parler, mais d’un placement privé. Grâce au capital initial fourni par des «investisseurs sociaux» (New Re du groupe Munich Re et d’autres identifiés par la banque Lombard Odier, qui co-parraine le projet), le CICR peut faire fonctionner chacun des centres et renforcer ainsi son Programme de réadaptation physique.

À la fin de la cinquième année, les «bailleurs finaux» (soit les gouvernements de la Belgique, de la Suisse, de l’Italie et du Royaume-Uni ainsi que la Fondation La Caixa) verseront des fonds au CICR en fonction des résultats obtenus. Ces fonds serviront alors à rembourser les investisseurs sociaux partiellement, entièrement ou avec intérêts, selon le degré d’efficacité atteint par les nouveaux centres du CICR.

Des vérificateurs indépendants contrôleront l’évaluation faite par le CICR des trois centres. L’efficacité sera mesurée sur la base du nombre de personnes qui auront reçu des aides à la mobilité par professionnel de la réadaptation physique, et sera comparée à celle de centres déjà établis. Si les résultats des nouveaux centres n’atteignent pas la valeur de référence, l’investisseur social perdra un certain pourcentage de son placement initial. Si, en revanche, la valeur de référence est dépassée, il recevra le montant de son placement initial plus des intérêts annuels.

Next Finance 11 septembre
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