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Boris Johnson veut passer en force

L’éviction de la Lega, parti de Matteo Salvini, du gouvernement italien la semaine dernière et son remplacement par le parti démocrate de centre-gauche laissent présager de discussions beaucoup moins houleuses entre Rome et Bruxelles cet automne et réduisent le risque d’une rétrogradation de la note souveraine italienne par Moody cette semaine.

L’éviction de la Lega, parti de Matteo Salvini, du gouvernement italien la semaine dernière et son remplacement par le parti démocrate de centre-gauche laissent présager de discussions beaucoup moins houleuses entre Rome et Bruxelles cet automne et réduisent le risque d’une rétrogradation de la note souveraine italienne par Moody cette semaine. Soutenus en outre par la perspective de mesures de relance substantielles de la de la Banque centrale européenne (BCE), les spreads des obligations italiennes se sont contractés la semaine dernière et les actions de la Péninsule ont surperformé. Reste bien sûr à voir combien de temps durera la nouvelle coalition. Car Matteo Salvini n’a certainement pas dit son dernier mot.

Après la décision de Boris Johnson de suspendre le Parlement britannique pendant cinq semaines de manière à pouvoir sceller le Brexit le 31 octobre prochain, les débats à la Chambre des Communes cette semaine s’annoncent mouvementés. Un vote de défiance, suivi d’un appel à la tenue d’élections législatives, semble possible à l’heure où nous écrivons ces lignes. Sur fond d’échauffement du débat politique au Royaume-Uni, la volatilité de la livre pourrait offrir des opportunités. Soulignons enfin que Boris Johnson – s’il survit à tout cela – semble déterminé à adopter des mesures de relance budgétaires conséquentes pour doper l’économie britannique et compenser les perturbations liées au Brexit, dur ou non.

Les rebondissements se sont poursuivis hier, avec la tenue de deux scrutins régionaux importants en Allemagne. L’AfD, parti d’extrême-droite, est arrivé deuxième en Saxe et dans le Brandebourg, fragilisant sensiblement l’assise des partis en place, qui partagent également le pouvoir au niveau fédéral. Cette évolution accroît encore la fragmentation du paysage politique allemand, alors que la confiance des entreprises est retombée à des niveaux que l’on n’avait plus observés depuis la crise financière de 2009. Dans ce contexte, les rendements des Bunds ont à nouveau fléchi la semaine dernière.

Nous continuons de sous-pondérer les obligations d’Etat de la zone euro, la demande modeste qui a accueilli la récente mise aux enchères de Bunds à 30 ans laissant penser que la patience des investisseurs face à des taux bas ou négatifs n’est pas sans limites.

Le Secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, qui évoquait la semaine dernière l’émission d’obligations à 100 ans, devrait en prendre bonne note. Les statistiques mondiales demeurent contrastées, mettant à l’épreuve bon nombre d’économies. Parler de récession mondiale serait toutefois prématuré, comme le montrent par exemple les derniers chiffres du PIB brésilien, supérieurs aux attentes. Mais là aussi, les marchés sont à la merci des «lubies» de certains responsables politiques.

Cesar Perez Ruiz 4 septembre
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